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Softphone : définition, prérequis et ce qu'il ne règle pas pour une PME
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Softphone : définition, prérequis et ce qu'il ne règle pas pour une PME

Tala

Un softphone est un logiciel qui transforme un ordinateur ou un smartphone en téléphone. Vous passez et recevez vos appels depuis une application, le plus souvent avec un casque, sans combiné sur le bureau. Il lui faut une connexion internet et un compte chez un opérateur ou sur un standard d'entreprise : sans cela, il ne joint personne.

Si vous cherchez ce mot, votre ligne fixe approche sans doute de sa fin de vie, ou une partie de votre équipe travaille de chez elle. En 2024, les abonnements RTC représentaient encore 32 % des abonnements téléphoniques des entreprises, selon l'observatoire de l'Arcep. Le dossier de la fin du cuivre finit en général sur le bureau du dirigeant ou du responsable administratif.

Un softphone déplace l'endroit où le téléphone sonne. Il ne change rien au fait que quelqu'un doit décrocher. Pour la mobilité et la fin du combiné, c'est une bonne réponse. Pour les clients qui tombent sur une sonnerie sans réponse pendant que toute l'équipe est occupée, il n'apporte rien. Cet article trie donc les trois outils que l'on confond : softphone, standard et agent vocal.

Un softphone, concrètement : un téléphone qui tient dans un logiciel

Un softphone reprend les gestes d'un téléphone de bureau dans une application : un clavier à l'écran, un carnet de contacts, un bouton pour décrocher et un autre pour transférer. Le mot contracte l'anglais software et telephone. Le son passe par le micro et le haut-parleur de l'appareil, et en pratique par un casque, car une journée d'appels sur les haut-parleurs d'un portable ne se tient ni pour vous ni pour vos voisins de bureau.

Les devis mélangent trois objets qu'il vaut mieux séparer. Le téléphone IP est un appareil physique, posé sur le bureau et branché au réseau. Le softphone générique est un logiciel que vous reliez vous-même à un compte chez un opérateur. L'application d'un standard cloud est aussi un softphone, livré par l'opérateur et déjà réglé pour son service. Dans une PME sans informaticien, cette dernière épargne le réglage manuel de chaque poste, et vous l'utiliserez probablement sans l'appeler softphone.

Le gain se voit le jour où quelqu'un travaille ailleurs. L'assistante en télétravail reçoit les appels de l'entreprise sur son ordinateur, le commercial les reçoit sur son smartphone, et le client compose le même numéro. Personne n'a besoin de donner son portable personnel.

Le revers est moins commenté. Un softphone ne sonne que si l'application tourne et reste connectée. Ordinateur éteint, session fermée, Wi-Fi qui lâche, smartphone qui met l'application en veille : l'appel n'arrive pas sur ce poste. Un combiné de bureau sonne tant qu'il est branché, et cette évidence disparaît avec le logiciel. Testez ces cas avant de généraliser : appelez votre numéro avec l'ordinateur fermé, puis avec un poste qui vient de perdre le Wi-Fi, et regardez où part l'appel.

Il ne marche jamais seul : opérateur SIP, PBX et numéro

Un softphone installé sans opérateur ni PBX ne peut appeler personne. Zoiper l'écrit sur sa page de téléchargement : pour utiliser son logiciel, il faut un ordinateur ou un smartphone, une connexion internet et « a VoIP provider or a PBX », c'est-à-dire un fournisseur de voix sur IP ou un standard (Zoiper). MicroSIP tient le même discours et se connecte à « any SIP provider or PBX system » (MicroSIP). Deux éditeurs, deux produits différents, et la même condition.

SIP est le langage que ces logiciels parlent. L'IETF l'a normalisé dans la RFC 3261 de juin 2002, comme un protocole de signalisation qui crée, modifie et termine des sessions entre participants. Dit simplement, SIP installe l'appel et le raccroche. La norme ne mentionne pas le softphone : ce sont les éditeurs qui s'appuient dessus.

Trois pièces se répartissent ensuite le travail :

  • L'opérateur SIP vous relie au réseau téléphonique et vous attribue le numéro que vos clients composent.
  • Le PBX, ou standard d'entreprise, sur site ou hébergé, répartit les appels entre les personnes : groupes, horaires, renvois.
  • Le softphone sert de terminal : il sonne, vous parlez.

Schéma en quatre étapes : un softphone sur ordinateur ou smartphone avec un casque, internet, un opérateur ou un standard, puis le téléphone de votre client

Votre numéro ne vit donc pas dans le logiciel. Si vos clients composent le même fixe depuis des années, le choix d'un softphone ne le met pas en jeu : le numéro dépend de votre opérateur. Le point à surveiller est un éventuel changement d'opérateur, que notre article pour quitter le cuivre en gardant son numéro traite en détail.

Le numéro présenté à la personne que vous appelez relève lui aussi de l'opérateur. Depuis le 1er octobre 2024, les opérateurs interrompent les appels non authentifiés à destination des utilisateurs fixes : si la signature manque ou ne peut pas être validée, ils sont tenus de bloquer l'appel (Arcep). Cette obligation pèse sur les opérateurs, pas sur votre entreprise ni sur l'éditeur du logiciel, et la fiche de l'Arcep ne parle pas de softphone. On peut en déduire qu'un logiciel installé sur un poste ne suffit pas à présenter un numéro : le dispositif identifie l'opérateur de départ de chaque appel. Si vos commerciaux appellent depuis un softphone, faites confirmer par écrit à votre opérateur que le numéro de l'entreprise sera bien présenté.

Pourquoi la question arrive maintenant dans les PME : fin du cuivre et télétravail

Deux raisons mettent le softphone à l'ordre du jour dans une PME : la fermeture du réseau cuivre, qui oblige à revoir la ligne, et le télétravail, qui éloigne les gens du combiné.

Le calendrier organisé par lots prévoit un achèvement de la fermeture en 2030 (Arcep). Une échéance arrive avant : après le 31 janvier 2027, et sous réserve du respect des critères de fermeture, il ne sera plus possible de souscrire de nouveaux abonnements cuivre en France (Arcep). Les accès déjà souscrits continuent de fonctionner jusqu'à la fermeture technique de leur commune. Cette date ne coupe donc pas votre ligne, mais une agence qui ouvrirait après elle ne pourrait plus, sous la même réserve, s'équiper sur le cuivre.

Les 32 % d'abonnements RTC (Arcep) ne disent rien des softphones. Le reste des abonnements est de la voix sur large bande, c'est-à-dire un abonnement chez un opérateur, et aucune des sources que nous avons consultées ne mesure l'usage de ces logiciels en entreprise. Méfiez-vous d'un commercial qui vous annonce un taux d'adoption sans source.

Le télétravail joue de l'autre côté. En 2025, 19,7 % des salariés télétravaillent au moins un jour par semaine, tous secteurs et toutes tailles d'entreprise confondus (Insee). Dans les PME hors microentreprises du secteur privé, 18 % des salariés télétravaillaient au moins une fois par mois entre le troisième trimestre 2022 et le deuxième trimestre 2024 (Insee). Ces deux mesures n'ont ni le même champ ni la même fréquence, et nous ne les comparons pas. Pour un dirigeant, leur lecture pratique tient en une image : certains jours, le fixe sonne sur un bureau vide.

Quitter le cuivre ne passe pas forcément par un softphone. Un poste de bureau raccordé à une box professionnelle ou à un standard cloud fait le même travail pour une équipe qui reste sur place. Le logiciel se justifie quand des personnes doivent répondre hors du bureau, et il n'a pas besoin d'être traité comme un projet à part : c'est une ligne de plus dans le cahier des charges de votre migration. Pour la cadrer, notre article pour choisir un standard d'entreprise compare les architectures et propose un calendrier.

Softphone gratuit ou payant : ce que le logiciel ne couvre pas

Un softphone gratuit peut convenir à une PME pour le logiciel lui-même, à condition de lire sa licence, mais la gratuité s'arrête là : le compte opérateur, le numéro, les communications et le standard restent à financer.

Deux exemples montrent pourquoi la licence se lit avant tout. Zoiper décrit sa version gratuite comme un « free VoIP softphone for non-commercial use » (Zoiper). Si vos appels servent votre activité, ce libellé doit vous arrêter : lisez les conditions de l'éditeur avant d'installer quoi que ce soit. MicroSIP ne porte pas cette mention et se distribue sous licence GNU GPL v2 (MicroSIP). Il vise en revanche Windows : Linux, macOS et BSD passent par Wine, et Android, iPhone et iPad sont indiqués « Not supported ». Un commercial qui veut répondre depuis son smartphone n'en tirera rien.

Nous ne citons ici aucun prix d'éditeur : nous n'avons pas pu lire de grille à la source, et un tarif recopié d'un comparatif ne vaut rien. Votre budget réel se construit sur ces postes, à faire chiffrer ensemble :

  • la licence du softphone, si la version gratuite ne vous est pas ouverte ;
  • l'abonnement chez l'opérateur SIP et les communications ;
  • le PBX, dès que plusieurs personnes répondent au même numéro ;
  • les casques, un par poste ;
  • le temps de réglage, poste par poste, et le support quand un ordinateur change.

Ce dernier poste est le plus sous-estimé. Un softphone générique demande de renseigner un compte SIP sur chaque appareil, puis de recommencer à chaque remplacement d'ordinateur ou de téléphone. Dans une PME sans informaticien, ce travail retombe sur le responsable administratif. L'application livrée avec un standard cloud évite une bonne partie de cette charge, ce qui pèse plus lourd que le prix d'une licence.

Reste une limite qu'aucune licence ne lève. Payant ou gratuit, un softphone ne répartit pas les appels entre vos collaborateurs, ce rôle revient au PBX. Pour une personne seule avec un compte SIP, un softphone libre peut suffire. Dès que deux personnes doivent répondre au même numéro, la vraie dépense se trouve dans le standard.

Ce qu'un softphone ne règle pas : l'appel que personne ne prend

Quand personne n'est disponible, un softphone ne répond pas à votre place : l'appel sonne, puis il suit ce que votre opérateur ou votre standard a prévu, messagerie, renvoi ou sonnerie sans réponse. Le logiciel change la route de l'appel vers vos collaborateurs et n'ajoute personne au bout.

Le scénario ci-dessous est un exemple illustratif, pas un témoignage client.

Prenez une société de maintenance de chauffage de douze personnes. Sa téléphonie vient de passer en voix sur IP et chacun a le softphone sur son ordinateur ou son smartphone. Mardi midi, un client appelle pour une chaudière en panne. L'assistante est en ligne avec un fournisseur. Le technicien d'astreinte conduit. Le gérant est en rendez-vous, le téléphone en silencieux. Le groupement d'appels fait son tour, la messagerie prend le relais, le client raccroche et compose le numéro du concurrent suivant. L'installation est moderne et fonctionne parfaitement. L'appel est perdu quand même.

Si c'est votre situation, un softphone supplémentaire n'y changera rien, gratuit ou non. Il faut quelqu'un ou quelque chose qui décroche. Un renfort humain ou un prestataire d'accueil est une réponse valable. Un agent vocal en est une autre : il décroche, comprend la demande, répond aux questions courantes et prend un message exploitable.

Tala se place à cet endroit, sur le chemin de l'appel. Votre numéro reste chez votre opérateur, et vous transférez vers l'agent les appels que vous voulez lui confier, par plages horaires ou quand personne ne décroche, si votre offre de téléphonie permet ce renvoi. Ce transfert est réversible : vous activez ou désactivez Tala selon vos besoins. L'agent décroche à toute heure, week-ends et jours fériés compris. Tala n'est pas un softphone, nous n'annonçons aucune intégration avec un logiciel de ce type, et il n'y a rien à installer sur les postes de votre équipe.

La crainte de dégrader l'accueil ou de remplacer votre secrétaire mérite une réponse précise. L'agent prend les appels que votre équipe ne peut pas prendre, et elle continue de répondre à tous les autres. Quand un appelant doit parler à quelqu'un, notre standard téléphonique automatisé transfère vers un collaborateur, qui reçoit les informations déjà collectées. Écoutez-le avant de juger : notre article pour tester une réceptionniste IA avant de signer donne les appels à lui faire passer et ceux qu'elle doit vous repasser.

Si vous êtes déjà en pleine migration, cet ajout ne touche ni vos postes ni votre contrat opérateur. Il demande un renvoi d'appel et le réglage de l'agent : script d'accueil, questions fréquentes, horaires, règles de transfert. Vous pouvez le faire après la bascule de vos lignes, une fois le nouveau système stabilisé.

Softphone, standard, agent vocal : quel outil pour quel problème

Un softphone répond à la mobilité, un standard à la répartition des appels et un agent vocal aux appels que personne ne prend. Ces trois outils se complètent, et une PME peut avoir besoin d'un seul d'entre eux comme des trois.

Votre situation L'outil adapté Ce qui reste à traiter
Une ou deux personnes doivent répondre hors du bureau Softphone relié à un compte SIP Les appels qui arrivent quand elles sont occupées
Plusieurs personnes répondent au même numéro Standard d'entreprise avec son application Les appels en excès quand tout le monde est en ligne
Votre ligne passe encore par le cuivre Offre de voix sur IP chez un opérateur Le softphone reste une option
Les appels tombent hors horaires ou aux heures de pointe Agent vocal IA en renvoi Les demandes qui exigent un humain, à transférer
Une secrétaire seule est débordée à certaines heures Agent vocal IA sur les appels qu'elle ne peut pas prendre La liste de ce qui lui revient toujours

Mesurez avant de choisir. Relevez sur une semaine, dans le journal d'appels de votre opérateur ou de votre standard, le nombre d'appels sans réponse et leurs heures. Si ce nombre reste faible et que votre seul souci est de travailler hors du bureau, un softphone ou l'application de votre standard suffit, et vous n'avez pas besoin de nous. S'il est élevé, ou concentré sur le déjeuner, la fin de journée et le samedi, aucun logiciel de poste ne le fera baisser.

Pour le budget, un agent vocal s'ajoute à votre téléphonie sans la remplacer. Chez Tala, la formule Essentiel coûte 99 € HT/mois pour 800 minutes et 3 appels simultanés, et la formule Pro 249 € HT/mois pour 2 500 minutes et 5 appels simultanés, sans engagement. Seul le temps de conversation est décompté : la disponibilité ne consomme rien. La grille complète figure sur la page des tarifs Tala. Commencez par une seule plage horaire, le déjeuner par exemple, et comparez le journal d'appels à celui de la semaine précédente.

Questions fréquentes

Un softphone peut-il remplacer le standard téléphonique de mon entreprise ?

Pas à lui seul. Le softphone remplace le combiné : il sert à passer et recevoir des appels. Le standard répartit ces appels entre vos collaborateurs et gère les horaires, les groupes et les renvois. Les deux se complètent, et un standard cloud peut fournir sa propre application. Si une seule personne répond à un seul numéro, un softphone relié à un compte SIP peut suffire. Dès que plusieurs personnes partagent un numéro, il vous faut un PBX derrière.

Puis-je utiliser un softphone gratuit pour un usage professionnel ?

Cela dépend de la licence du logiciel choisi, à lire avant d'installer. Zoiper présente sa version gratuite comme destinée à un usage non commercial (Zoiper), alors que MicroSIP est distribué sous licence GNU GPL v2 et ne porte pas cette mention (MicroSIP). Dans tous les cas, la gratuité ne concerne que le logiciel : le compte opérateur, le numéro et les communications restent à votre charge.

Que se passe-t-il quand un appel arrive et que personne n'est disponible sur le softphone ?

Le softphone n'en décide pas. Le comportement dépend de ce qui est réglé chez votre opérateur ou sur votre standard : sonnerie sans réponse, messagerie ou renvoi vers un autre numéro. Il en va de même si l'ordinateur est éteint ou l'application fermée. Pour qu'une réponse arrive malgré tout, renvoyez ces appels vers un collègue, ou vers un agent vocal qui décroche, répond aux questions courantes et prend un message exploitable.

Dois-je changer de téléphonie avant la fin du cuivre ?

Si votre ligne passe par le cuivre, préparez la migration sans attendre le dernier moment. Les accès déjà souscrits continuent de fonctionner jusqu'à la fermeture technique de votre commune, et le calendrier prévoit un achèvement en 2030 (Arcep). Après le 31 janvier 2027, sous réserve des critères de fermeture, plus aucun nouvel abonnement cuivre ne pourra être souscrit (Arcep). Le softphone reste une option de cette migration.

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